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AU TRIBUNAL : L’HOMME QUI A VIOLÉ ET SODOMISÉ SA FILLE CONDAMNÉ À 15 ANS DE PRISON

Le tristement célèbre Pascal Tsala Bina était poursuivi depuis mai 2024 pour avoir abusé sexuellement de sa propre fille, âgée de 8 ans au moment des faits.

L’affaire Pascal Tsala Bina fait grand bruit depuis plusieurs mois. L’homme, accusé de viol et de sodomie sur sa propre fille lors de ses exactions, avait été libéré dans un premier temps, et ce malgré les documents médicaux accablants. Les faits de violences sexuelles avaient été constatés sur la victime en mai 2024, lorsque des écoulements sanguins avaient été découverts sur les vêtements de la fillette au sein de son établissement scolaire. C’est ainsi qu’avaient été déclenchées les poursuites judiciaires par dame Sorelle Talma Ngoya, la mère de l’enfant.

Cependant, le 27 mai 2025, alors qu’elle était convoquée au bureau de la juge Amina Marguerite, au Tribunal de grande instance du Mfoundi à Yaoundé, celle-ci n’a pas été reçue. Elle a plutôt été informée de la libération du bourreau de sa fille, qui n’est autre que son ex-compagnon.

Un tollé médiatique a alors débuté, au cours duquel un certificat médical attestant des faits de viol et de sodomie a été présenté au public. Cette pièce a soulevé de nombreuses questions sur les conditions obscures de la libération du mis en cause. Pascal Tsala Bina, cadre à la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), a finalement été interpellé une nouvelle fois, une arrestation confirmée à la rédaction de Griote le 2 juin 2025.

L’affaire a suivi son cours au Tribunal de grande instance du Mfoundi. Ayant exigé des audiences à huis clos, l’accusé a fini par reconnaître avoir abusé de sa fille à trois reprises. Il a été condamné à 15 ans de prison ferme et à 45 millions de francs CFA d’amende. Un verdict qui ne satisfait que partiellement la mère de la victime, confrontée à d’importants frais médicaux pour soigner sa fille.

« L’enfant est actuellement abandonnée, elle n’a pas de suivi médical. Elle doit être opérée de l’anus en raison de traumatismes physiques, mais toutes les structures médicales où je me rends me disent qu’elles ne peuvent pas pratiquer cette intervention. Je viens demander de l’aide parce que je suis livrée à moi-même. Aucune association ne me soutient, l’État n’est plus là, ils ont fait le peu qu’ils pouvaient faire »,

affirme Sorelle Talma Ngoya, la mère de la victime.

La situation sanitaire de la fillette reste critique. « Elle est malade toutes les semaines. Elle a des boutons, des plaies partout, des douleurs anales… elle souffre de multiples maux. Je ne sais plus quoi faire avec mon enfant, elle n’a que 10 ans (ndlr : elle avait 8 ans en 2024, elle a donc 10 ans en 2026). Les examens ont révélé la présence d’un liquide dans son abdomen », indique Sorelle Talma Ngoya. La petite fille est désormais dans l’attente d’une évacuation sanitaire.

Après avoir rejeté l’enfant avant sa naissance, c’est à l’âge de 8 ans que le sieur Bina avait recherché sa fille, demandant qu’elle vive avec lui sous prétexte d’assurer sa scolarité. Une fois chez son géniteur, la mineure a déclaré que celui-ci la contraignait à regarder des vidéos obscènes avant de l’obliger à en reproduire les scènes. Tandis que cet homme écope de 15 ans de prison, son épouse, accusée de complicité, était également poursuivie. Son sort reste pour l’instant inconnu.

Chantal Mveng

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