C’est la question qui taraude les esprits dans l’opinion publique tandis que la maman de la victime présumée crie au scandale.
Pascal Tsala Bina est de nouveau aux arrêts après une libération incompréhensible décriée par les médias et les réseaux sociaux. C’est ce que nous apprenons ce soir du 02 juin 2025. Le monsieur accusé d’avoir violé sa fille avait été libéré après son interpellation, malgré les analyses médicales prouvant les faits de viol. Le ministère de la justice a exigé son interpellation après le tollé suscité par la nouvelle de sa libération.
Cette nouvelle arrestation arrive alors que dame Sorelle Talma Ngowa Sandjo a une fois de trop manifesté sa déception face à une nouvelle étape de l’affaire d’agressions sexuelles sur sa fille. Au micro d’Equinoxe TV, cette mère a révélé en versant des larmes que Pascal Tsala Bina a été libéré sans que la moindre explication ne lui soit donnée. « Un homme ne peut pas détruire une enfant comme ça, jusqu’à il viole, il sodomise sa fille, jusqu’à il faut opérer l’anus de sa fille. Il vient ici on le libère, il part. Il part que qui va prendre en charge mon enfant ? Et le traumatisme que mon enfant a, qui va prendre en charge ? », a déclaré la maman attristée interviewée par nos confrères à l’extérieur du tribunal de grande instance du Mfoundi. Il lui a été donné un rendez-vous en ce lieu par le cabinet de la juge en charge de l’affaire, mais elle s’y est rendue en vain. En effet, dame Sorelle Talma Ngowa dit avoir été contactée par le secrétariat du cabinet de la juge Amina Marguerite, en charge de l’affaire. Le rendez-vous indiquait qu’elle devait se rendre au tribunal le vendredi 27 mai 2025 à 10h. Mais, elle n’a jamais rencontré le juge, elle a juste été informée de la libération du bourreau de son enfant.
C’est une situation qui dépasse tout entendement, de même que le laxisme et les manœuvres au niveau des enquêtes menées par la police judiciaire. L’acte de naissance de la petite a notamment été retiré de son dossier, ces manœuvres policières ont fait intervenir le patron national de la police, Martin Mbarga Nguele qui aurait recadré certains responsables de la police judiciaire. L’angoisse de cette maman grandit en raison de l’état de santé de sa fille. Elle devra être opérée en raison d’un post traumatisme au niveau de l’anus, comme le révèlent les examens médicaux.
Les faits de viol et de sodomie sur la fillette ont été denoncés en mai 2024, lorsque le sang est découvert sur les vêtements de l’enfant dans son établissement au groupe scolaire bilingue Faveur divine de Mimboman. Une enseignante avait alors interpellé la famille de l’élève qui avait 10 ans à cette époque. Cette dernière avait ensuite fait des révélations effroyables sur son père avec qui elle vivait depuis seulement deux ans. Au commissariat du 4e arrondissement de Yaoundé, elle révélait les circonstances dans lesquelles la petite vivait avec son géniteur, alors qu’il l’avait rejetée à sa naissance. C’est à l’âge de 8 ans que sieur Tsala Bina a cherché sa fille, exigeant qu’elle vive avec lui afin qu’il assure sa scolarité. Une fois chez son géniteur, la mineure déclare que celui-ci lui présentait des vidéos obscènes avant de l’obliger à reproduire les mêmes scènes.
Malgré le témoignage de la victime présumée et les preuves médicales, le cadre à la caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), n’a pas été inquiété pendant un bon moment. Interpellé il y a peu et traduit au tribunal de grande instance du Mfoundi, il a été libéré avec son épouse accusée d’être sa complice dans cette affaire d’inceste, viol et sodomie.
Une libération qui vient accentuer l’inquiétude croissante du malaise de la justice camerounaise. Les questions sont d’autant plus profondes qu’en avril dernier, le ministre de la justice a interpellé les procureurs des tribunaux et des cours d’appel sur la clémence des peines. C’était dans la circulaire n° 002936, le membre du gouvernement disait avoir été interpellé à plusieurs reprises sur certaines décisions pénales notamment des cas de « peine d’une légèreté blâmable concernant des faits d’une certaine gravité ». C’est à cet effet qu’il a interpellé la responsabilité des chefs des tribunaux pour exiger d’eux qu’ils prescrivent à leurs collaborateurs de strictes mesures pour des jugements justes et équitables. Visiblement, la note est restée lettre morte.
Chanelle NDENGBE
