AFFAIRE HERVE BOPDA : LES PREMIERES PLAINTES SONT ENREGISTREES

Alors qu’une dizaine parmi les près de 200 victimes annoncées ont saisi la justice, le mis en cause fait une contre-attaque en portant plainte pour diffamation.

L’affaire révélée sur la toile le vendredi dernier par le lanceur d’alerte Nzui Manto via la publication des témoignages de près de 80 victimes présumées de sieur Hervé Bopda est devenue officielle ce mardi 23 janvier 2024 avec les dépositions d’une dizaine de victimes. C’est cette tournure sérieuse qui aurait conduit Hervé Bopda à son tour à porter plainte pour diffamation et par la même occasion nié les faits.

La mobilisation de juristes, d’activiste des droits humains, de quelques artistes et même des citoyens Lambda invitant les victimes à porter plainte contre leur bourreau, a porté ses fruits mardi lorsque, des victimes femmes comme hommes ont déposé leurs plaintes auprès des juridictions compétentes. Les accusations portées contre sieur Bopda dans les tribunaux de Yaoundé, le tribunal militaire, et le tribunal de grande instance centre administratif sont multiples. Des viols aux enlèvements en passant par l’outrage privé à la pudeur, les menaces, les sodomies, tortures et bien d’autres, que sieur Bopda nie en bloc. A ces accusations, il a riposté par une plainte « contre inconnus pour diffamation par voie de communication électronique et complicité et menace simple», tel qu’indique l’objet de ladite plainte dévoilée sur les réseaux sociaux quelques heures après l’annonce de la déposition des victimes.

Une plaignante aurait été enlevée, séquestrée et violée par le mis en cause et ses complices simplement pour un Non

Certaines plaignantes se sont confiées à la rédaction de Griote en larmes, des témoignages qui comme ceux annoncés sur les réseaux sociaux font froid au dos. L’une a été enlevée devant son domicile, séquestrée, et violée pendant trois jours juste parce qu’elle avait refusé son offre.

«Ça fait sept ans aujourd’hui que je vis avec ça, il a gâché ma vie complétement. J’étais en train de manger au restau avec mon amie, la serveuse est venue avec deux bouteilles de champagne, elle m’a dit, c’est pour le monsieur là-bas. J’ai dit c’est gentil, merci, mais veuillez les lui ramener. Il s’est levé, il est venu à notre table. Il nous dit bonsoir, on répond bonsoir. Il dit j’ai vu deux charmantes demoiselles en train de manger, je me suis dit qu’il fallait que je leur commande à boire. Je lui dis merci, c’est gentil, mais si on voulait encore à boire, on aurait pris une autre bouteille, donc merci déjà, c’est gentil, mais c’est mieux de reprendre. Il a dit à ma copine et moi directement, vraiment, on ne m’a jamais dit non ! J’ai dit bah, il y a une première fois à toute chose. »

Après cet incident, elle a emprunté un taxi avec son amie pour rentrer chez elle, c’était dans la nuit. Son ami était sortie du taxi avant elle sans aucun incident. Mais à son tour, à peine à l’extérieur du taxi quelqu’un a saisi son bras, puis l’a assommée, elle est restée inconsciente pendant des heures. A son réveil, il faisait jour, elle était dans une chambre et s’est rendue compte qu’elle a été violée et s’est mise à supplier son principal bourreau de la laisser partir.

« Quand je me suis réveillé, j’étais enfermée dans une chambre attachée, étonnée, je me suis examinée, je me suis rendue compte que j’avais été forcée de coucher, je me suis mise à pleurer. Trois hommes étaient devant moi, lui parmi. Il m’a dit tu comprends maintenant ? J’ai dit oui, si c’était une leçon, j’ai compris. Maintenant je t’en supplie laisse-moi partir. Il m’a dit non ce n’est pas encore fini, il a demandé aux autres, les gars vous avez fini, ils ont dit non, on a encore des choses à tester. C’est ainsi que pendant trois jours c’était le calvaire, chacun à son tour. Je me rappelle du nombre de jour, parce que chaque fois qu’une nuit tombait, je comptais un jour… »,

raconte la victime présumée. Le dernier jour, certains ont décidé d’en finir avec elle de peur qu’elle les dénonce, mais Hervé Bopda aurait fait confiance à son don de menace et la jeune femme au regard de tout ce qu’elle venait de vivre le cru bel et bien capable de mettre ses menaces à exécution. Après avoir retrouvé ses parents, qui lui ont fait faire des examens médicaux, la jeune femme a découvert que le VIH lui avait été transmis au cours de ce viol collectif, sa détresse était inexplicable. Un ou deux ans avant, une autre jeune femme a failli vivre le même enfer.

Elle l’a échappé belle …

Une autre victime raconte avoir échappé à l’agression sexuelle grâce au passager qui étaient sur le lieu ou sieur Bopda a manifesté son agressivité.

« Il y a peut-être 8 ou 9 ans que le monsieur si m’avait abordée à l’entrée de chez nous à Bessengue. Il y a un papa qui m’avait énervé à la maison, j’étais sortie, je pleurais là à l’entrée, il est venu, il a commencé à me parler, il est très courtois hein. Il est tellement au point où si on te dit que c’est quelqu’un qui fait les choses comme ça tu ne peux même pas croire. On a échangé les numéros, il m’a invitée à la Cité-cicam, nous sommes allés prendre un pot. Quand il a commencé à dire qu’il faut qu’on rentre qu’on aille chez lui, j’ai refusé, mama, c’est devenu la guerre. Le gars m’a appuyé le cou, appuyé. Heureusement, Dieu merci, il y avait deux hommes qui passaient là, c’est à cause de la voix des gars qu’il me laisse il part. Il est parti en me disant : on veut te rendre riche, tu refuses, une belle femme comme toi. »,

narre-t-elle.

Face a cette déferlante de témoignages le mis en cause dit ne pas se reconnaitre dans les faits. Mais les voix s’élèvent pour réclamer justice.

Ce soir, un collectif de 20 femmes demande à l’Etat de garantir la sécurité des camerounais un courrier portant des noms tels Me Alice Nkom, Viviane Thati, Kah Walla, Caroline Mveng, Rebecca Enonchong, a été déposé dans les services du gouverneurs du littoral. La commission des droits de l’homme et des libertés saisi le procureur de la république près le tribunal de première instance Centre administratif de Yaoundé pour dénonciation afin qu’une enquête soit ouverte. Hors de nos frontières, justice est également demandée. L’homme de média Claudy Siar et la coach Lady Sonia parlent du «Bourreau de Douala» et le Hashtag #StopBoda continue d’être viral, afin de demander à l’Etat d’agir et aux victimes de porter plainte.

Chanelle NDENGBE

 

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