L’appel de la défense et celui de l’accusation provoquent la réouverture du dossier, mettant de nouveau du suspens dans l’affaire du meurtre de l’étudiante de 23 ans.
Les demandeurs et les défendeurs ont remis en cause le jugement tombé le 4 mars 2024 au tribunal militaire d’Ebolowa dans l’affaire du meurtre de Lydienne Solange Taba. Alors que la famille manifestait sa non satisfaction face aux dix ans de prison infligés à Franck Derlin Eyono Ebanga, à la grande surprise ce dernier a fait appel, mais il a aussitôt été suivi dans cet élan par l’accusation.
La cour d’appel d’Ebolowa réceptionne le dossier de Lydienne Solange Taba, l’étudiante abattue le 25 juillet 2020 par son petit-ami, à l’époque, sous-préfet de la Lokoundjé. C’est suite aux appels des différentes parties, selon ce que Patrice Ebemby Mboma, père de la victime a rapporté à Griote.
«Suite au jugement rendu le 4 mars au Tribunal militaire d’Ebolowa, dans la foulée, la partie adversaire avait fait appel…Le ministère public a fait appel, la partie civile a fait appel, moi également j’ai fait appel pour un point de poids et contre-poids. C’est cela qui nous a menés donc à la Cour d’appel»,
indique sieur Ebemby Mboma.
La première audience s’est ainsi tenue le 25 septembre 2024 et Me Massie, représentant les ayant-droits de Lydienne a noté plusieurs incongruités, particulièrement au sujet des témoins de la défense.
«Cette question des témoins de la défense, donc des témoins du sous-préfet, qui en réalité ont pour but de fragiliser ou alors de ralentir l’action de la procédure »,
déclare l’avocat. Selon les explications de Me Massie, les temoins de Franck Derlin Eyono sont assez nombreux, mais ne veulent pas comparaître, pourtant leur comparution est nécessaire pour permettre à l’avocat de mieux organiser sa plaidoirie et accélérer le procès, particulièrement par son contre interrogatoire. Chose curieuse, les avocats de la défense auraient eux-mêmes renoncé à leur droit de faire comparaitre leurs témoins, une chose que l’avocat de la famille de la défunte n’a pas laissé passer.
« Finalement eux-mêmes ont renoncé à leur droit de faire comparaitre leurs témoins, tout en demandant à la Cour de ne pas tenir compte de cela. C’est là que j’ai compris le piège et je leur ai fait comprendre à la cour que ce n’est pas normal…C’est le droit de prendre acte et de faire comparaitre les témoins d’une façon ou d’un autre »,
rapporte-il.
L’audience a été reportée au 23 octobre prochain, mais la plaidoirie de Me Massie a obtenu gain de cause.
«Finalement, la cour m’a donné raison et a demandé à ce qu’ils comparaissent. Etant donné que nous sommes tous à l’audience, la partie civile, l’accusé, le ministère public, il n’y a plus nécessairement besoin de faire les formalités pour que les témoins de la défense comparaissent. C’est donc à ça qu’on a renvoyé l’affaire au 23 octobre »,
informe Me Massie.
La famille de Lydienne avait considéré le verdict de 10 ans d’emprisonnement léger, estimant qu’il s’agissait d’un double meurtre étant donné que la jeune femme était enceinte lorsqu’elle a été atteinte par balle, par l’ex-sous-préfet. Une estimation partagée au sein de l’opinion publique, mais plus d’un marquaient aussi leur soulagement pour la condamnation enfin tombée de l’ex sous préfet quatre ans après le meurtre de la lauréate du BTS. Meurtre qui s’est produit alors qu’elle attendait un enfant depuis six semaines, de son petit ami bourreau.
Chanelle NDENGBE
