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AU CAMEROUN : 25% DES DÉCÈS MATERNELS SONT CAUSÉS PAR DES COMPLICATIONS D’AVORTEMENTS

Les avortements clandestins se multiplient et c’est le lieu de tirer la sonnette d’alarme.

47 000 femmes meurent chaque année ou risquent de mourir à cause des avortements clandestins.  Les gynécologues précisent que 25% de décès maternels au Cameroun sont causés par des complications d’avortements non médicalisés.

Selon les chiffres révélés lors du congrès international de Marrakech en 2009, 22 % de femmes affirmaient avoir fait recours à l’avortement volontaire. Des chiffres qui vont croissant si l’on s’en tient au ratio de la population et la situation sociale dans laquelle se trouve le Cameroun.

D’ailleurs Confort Mussa de SisterSpeak237 souligne que depuis le début de la crise anglophone, les cas d’avortements non médicalisés se sont multipliés dans le nord-ouest et le sud-ouest. On enregistre 45% de taux supplémentaires d’avortements clandestins à Bamenda par exemple.

Selon une étude plus ancienne menée en 1997 à la maternité principale de Yaoundé, sur 2324 cas de patientes reçues en urgence sur une période de trois mois, on dénombrait 32% présentant des complications liées à l’avortement dont 88 clandestins. Ces complications se manifestaient par l’hémorragie, des lacérations cervicales et vaginales, l’infertilité pour les complications post-abortum. Les complications liées à l’avortement sont ainsi présentées comme la deuxième cause de mortalité maternelle dans cette formation hospitalière.

Certaines de ces femmes prennent parfois de façon autonome des médicaments traditionnels, ou modernes via l’automédication, avec des conséquences sévères, occasionnant de nombreux décès maternels.

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Les raisons des avortements clandestins sont entre autres :

Le regard de la société, car pour plusieurs, l’avortement équivaut à un crime, en parler ouvertement étant un déshonneur.

C’est la raison pour laquelle le professeur Robert Leke président de la Société des gynécologues et obstétriciens du Cameroun (SOGOC) plaide pour la révision de l’article 339 du code pénal, qui énonce les conditions dans lesquelles l’avortement est permis. Selon cet article  l’avortement est justifié par la nécessité de sauver la mère d’un péril grave pour sa santé ; lorsque la grossesse est issue d’un viol .

«En cas de grossesse résultant d’un viol, l’avortement médical ne constitue pas une infraction s’il est effectué après attestation du ministère public sur la matérialité des faits».

Le professeur Leke milite donc pour «un avortement pratiqué avec une méthode recommandée par l’organisation mondiale de la santé et adaptée à la durée de la grossesse et lorsque la personne pratiquant l’avortement a les compétences, nécessaires».

C’est également une thèse que soutient Jema Davis de la fédération Internationale de gynécologie obstétrique (FIGO).

«Si on a plus d’accès aux avortements sécurisés, ça veut dire qu’il y a moins de décès liés aux avortements clandestins.  C’est vraiment une question de santé publique, de la santé des femmes, et c’est vraiment important de commencer à aborder ce sujet».

Ces avortements sécurisés peuvent être pratiqués à l’aide de comprimés, ou d’une procédure ambulatoire car tous les risques sont réunis lorsqu’ils sont pratiqués dans un environnement non conforme, par une personne dépourvue  des compétences nécessaires.

Ces éléments ont été débattus lors de l’atelier dédié aux journalistes sur les droits reproductifs avec le soutien du fonds canadien pour les initiatives locales, SOGOC et FIGO.

Clarence YONGO

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