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BONABERI : SOUPÇONS D’ENDETTEMENT À L’ORIGINE DU SUICIDE PAR PENDAISON D’UNE FEMME DE 57 ANS

La dépression aurait poussé Anastasie Feudjio au suicide.

La famille et les proches de la défunte peinent à digérer le départ trouble de cette femme retrouvée suspendue à une corde.

Le corps sans vie d’Anastasie Feudjo a été retrouvé à son domicile dans la soirée du jeudi 12 mai 2022. La scène se déroule à Bonabéri  au quartier Mambanda  lieu-dit   rue des palmiers, dans le 4ème arrondissement de la ville de Douala. La femme de 57 ans avait perdu son mari il y avait moins de deux mois et depuis lors, elle gardait une mine étrange.

«Quand la mère passait on lui disait bonjour, elle ne répondait plus. Elle était tellement triste on ne savait pas pourquoi, elle n’a rien dit, elle était toujours triste. On s’est dit que c’est la mort de son mari qui l’affectait. Hier on était surpris d’apprendre qu’elle s’est donnée la mort »,

fait savoir Angèle Atebou, une voisine.

Les habitants de la rue des palmiers n’en reviennent pas. Le départ trouble de dame Feudjio fait la part belle aux commentaires dans le coin. La défunte est présentée comme une maman plutôt affectueuse et  courtoise avec les autres. Considérée comme la doyenne de ce quartier, rien ne pouvait justifier ce suicide si ce n’est la mort de son mari, estiment certains.

« Je l’appelais maman même si j’étais son grand frère parce qu’elle n’avait pas le caractère d’une femme agitée. Elle était vraiment calme. On ne sait pas vraiment ce qui a motivé cette femme. La dernière semaine avant sa mort, c’était un peu difficile qu’elle réponde à un bonjour. Elle avait même fondu, elle avait perdu du poids. On se disait que c’était les soucis liés à la mort de son mari »,

nous dit  Robert Atchoum, un sexagénaire voisin de la défunte.

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La maison dans laquelle elle s’est suicidée

Le décès de son mari pouvait-il la pousser au suicide ?

L’on ne peut répondre par l’affirmative, certains soupçonnent des soucis liés aux dettes contractées auprès de ses réunions. Son fils lui aurait même proposé de vendre une parcelle de leur terre pour solder ces dettes.

«Elle s’est endettée dans les réunions et lors des obsèques de son mari, elle s’est aussi endettée. On a compris qu’elle avait trop de dettes.  Son seul garçon a demandé qu’elle vende une parcelle de terre pour payer les dettes, elle a refusé. Où c’est peut-être pour ça qu’elle s’est donnée la mort, ou c’est les dettes on ne sait vraiment pas. On est dépassé, depuis hier on n’a pas dormi ici au quartier. Pour une maman comme ça, une doyenne, c’est elle qui a crée le quartier »,

s’exclame  Angèle Atebou.

Les causes de cet acte extrême restent floues. Certains se souviennent l’avoir vue se rendre au marché quelques heures avant sa mort. Mais à son retour aux environs de 12h, elle a causé l’irréparable. C’est sa fille qui fait la découverte macabre.

« Elle est sortie hier à 11h pour aller au marché et est revenue à midi quand le quartier était calme. Elle est entrée s’enfermer et bloquer avec le gros fauteuil. Sa copine a préparé pour venir la regarder comme son mari est mort ça fait un mois. La porte était bloquée, elle appelle à son téléphone, ça sonne, elle ne décroche pas. C’est sa fille qui rentre du marché vers les 19h, elle pousse la porte c’est dur, elles ont forcé et sont entrées, la mère était dans la chambre. Elle s’est pendue, l’échelle à côté»,

nous raconte une autre femme, voisine de la défunte.

C’est une fin tragique qui trouble. La dépouille de maman Anastasie a été conduite dans son village à Bamendou par Dschang dans la région de l’Ouest.

Rachèle KANOU

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