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CORONAVIRUS : AUCUNE MESURE DE PREVENTION CHEZ CERTAINS HABITANTS DE MAKEPE MISSOKE

Les habitudes des populations qui vivent dans ce quartier précaire de la ville de Douala, n’ont pas changé.

Malgré l’annonce des cas de covid-19 dans la capitale économique et les mesures d’hygiènes instruites par les autorités, pas la moindre préoccupation à ce sujet.

«Je lave les mains avant de manger, c’est tout ce que je fais », répond dame Geneviève lorsque nous l’interrogeons sur les précautions qu’elle prend pour se protéger, elle et ses enfants contre le coronavirus.

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Dans une maison construite en planches, Geneviève est entourée de ses 4 enfants âgés entre 8 et 2 ans. Il est 12 h, et elle apprête le repas pour ces derniers, dans une pièce qui lui sert de cuisine, de sale à manger et de dortoir. visiblement aucune règle d’hygiène n’est respectée. Ses enfants sont pieds nus et portent des vêtements sales. Cette femme n’a pas de désinfectant chez elle, et ignore qu’elle et ses enfants doivent se laver les mains plusieurs fois par jour pour éviter le COVID-19.

Dans ce coin du quartier Maképè Missokè situé dans le 5ème arrondissement de la ville de Douala, les habitations construites au pied d’une colline et exposées aux eaux de tarissements sont collées les unes aux autres. Geneviève et ses voisines ont une cour commune mal entretenue, car jonchée de saleté. A l’arrière de leurs maisons, se trouvent non seulement une fosse en plein air servant de toilette pour une dizaine de personnes, mais aussi une broussaille et une décharge à ordures ménagères.

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«J’ai entendu parler de la maladie. Si ça arrive ici chez nous, ça va seulement nous tuer tous. On a dit qu’on lave les mains, mais je ne suis pas souvent à la maison pour voir si les enfants lavent les mains ou pas», laisse entendre une autre femme voisine de Geneviève inquiète de la situation. «Regardez vous-mêmes comment les enfants jouent dans la cour, s’ils trouvent quelque chose à manger là, ils vont le faire sans laver les mains, les mesures là c’est pour les gens qui vivent dans les grands quartiers, nous on ne connaît pas ça ici», ajoute-t-elle.

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Un peu plus loin au sommet de cette colline, nous trouvons dans un bar, des hommes et femmes assis autour d’une table consommant de l’alcool et là aucune mesure de distanciation n’est respectée. Pour ces derniers, le coronavirus c’est une affaire des blancs. «Laissez-nous avec ça, le coronavirus c’est quoi, ça ne tue pas tout le monde c’est pour les blancs», lance un monsieur assis, avalant une gorgée de bière.

Malgré l’interdiction des regroupements de plus de 50 personnes, les bars continuent de faire le plein de la population. Dans les quartiers populaires, le Covid-19 continue d’être perçu comme un mythe.

Rachèle KANOU

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