Le quartier carrière Nkoulou à Yaoundé ne s’est pas encore remis de ses émotions après le brutal assassinat du nommé Wong Atangana Alain par sa compagne Rose Enyegue.
Ici, tout le monde en parle y compris les badauds du quartier qui ne tarissent pas d’éloges à l’endroit du défunt. « Tonton Alain était très gentil, il embrassait tout le monde » nous confie éploré, Brice un neveu de la victime.
Au-delà des émotions, pour la famille du désormais feu Alain Atangana Wong, on questionne encore les circonstances qui ont conduit à ce drame » je ne sais pas ce qui s’est réellement passé, mon fils était un homme sans problèmes » nous relate le père du défunt entre deux larmes alors que sa sœur est bien plus expressive à ce sujet. Pour elle, Rose Enyegue a assassiné son compagnon parce que celui refusait de lui remettre l’argent d’une tontine dont il était le bénéficiaire. Une version confirmée par les voisins de la victime. » Alino a bouffé une tontine de 200 000 FCFA et Rose voulait qu’il lui donne de l’argent pour ses besoins, il lui a dit d’attendre, elle ne l’a pas écouté et elle l’a poignardé plusieurs fois chez elle » confirme Ferdinand un voisin et cousin éloigné de Wong Atangana Alain.
Le film de l’événement
Wong Atangana Alain est autochtone du quartier Carrière Nkoulou sur la route de Mfou à Yaoundé. Le jeune homme parti chercher fortune en ville des années plutôt a rejoint le village il y a quelques mois. Il y occupe un modeste appartement non loin de la concession de ses parents et est membre de l’association « Les hommes capables ».
Le 09 août dernier, il est l’heureux bénéficiaire d’une tontine dont la cagnotte s’élève à 200 000 FCFA. Ému du gain, il convie sa compagne et quelques amis à une « pause bière » dans une buvette du quartier. Selon les témoins, Rose Enyegue s’en prend à lui devant ses convives et lui demande de lui remettre l’argent reçu. Alain refuse poliment et ne se soumet pas à la demande de la jeune femme. Le ton monte mais Alain garde son calme puis prend congé pour ne pas se donner en spectacle. Rose le suit jusqu’à son domicile et reformule sa demande. Une fin de non-recevoir lui est encore opposée. Furieuse, elle se met à détruire tout le matériel électroménager et les ustensiles de cuisine de la maison puis rentre furieuse chez elle. Alain la suit avec l’idée d’une possible vengeance. Mal lui en prendra puisqu’il va trouver Rose armée d’un couteau de cuisine. Celle-ci le poignardera deux fois dans la poitrine avant de prendre la fuite. Laissant derrière elle ses deux enfants âgés de 10 et 6 ans.

Rose la redoutable…
Dans le quartier carrière la présumée criminelle est présentée comme une personne peu sociable pour les autochtones, cette aventure avec Alain était tout ce qu’il y’a d’improbable « la fille-là était bizarre, son allure forte et son caractère obtus ne collait pas avec la douceur de Alino » déclare un cousin de la victime. « Elle le menaçait tout le temps » nous lance une voisine qui préfère parler sous anonymat « un jour, je les ai entendu s’engueuler et elle lui a dit qu’il va voir » lance-t-elle pour conclure.
Rose aurait-elle mis ses menaces à exécution ou est-ce juste un malheureux accident ? Ce sont les questions auxquelles tenteront de répondre les éléments de la police judiciaire de Yaoundé où la présumée criminelle médite son sort, attendant d’être présentée au procureur.
John Matou
