CRISE DES DROITS HUMAINS À L’EST DE LA RDC : 165 FEMMES VIOLÉES EN MARGE DES COMBATS

Les femmes paient donc le plus lourd tribut à l’Est de la République Démocratique du Congo, dans un contexte d’atteinte aux droits humains.

Pas moins de 165 femmes ont été violées en marge des combats qui se sont intensifiés depuis le 26 janvier 2025 à l’Est de la RDC où les hostilités s’étendent désormais au Sud-Kivu après la prise de Goma par le Mouvement du 23 mars (M23). La crise des droits humains s’intensifie alors dans ce pays d’Afrique centrale, les civils dont femmes et enfants font les frais des affrontements entre l’armée congolaise, les rebelles du M23 et les forces rwandaises.

Violences sexuelles en marge des combats, qui sont les auteurs ?

L’assaut du M23 sur Goma entre dimanche 26 janvier et lundi 27 janvier 2025 a eu pour conséquence l’évasion de plus de 4000 détenus de la prison de Muzenze.  Les autorités congolaises ont signalé qu’au moins 165 femmes ont été violées par des détenus masculins évadés. De son côté, le Haut-commissariat des Nations Unies (HCDH) informe avoir reçu des rapports qui font état de ce que 52 femmes ont été violées en marge des hostilités, certaines ont été victimes de viols collectifs. Des crimes cette fois attribués à l’armée selon ces rapports, mais qui font l’objet de vérification. Si les violences sexuelles sont établies, dans certains cas, le doute plane sur les auteurs. Comment l’armée congolaise peut-elle perpétrer des violences sur les civils de son sol ? C’est une question qui taraude l’opinion publique internationale. Quoi qu’il en soit, la violation des droits humains est un crime qui ne saurait rester impuni. Volter Türk, Haut-commissaire des Nations Unies a ainsi appelé les combattants des deux parties à s’abstenir des violations des droits humains. Des enquêtes seraient annoncées pour établir les responsabilités dans les violations enregistrées à date. « Il est essentiel que des enquêtes soient menées sur les violations commises, afin de traduire les auteurs en justice et de garantir une responsabilité globale », déclare le porte-parole du Haut-commissariat des Nations Unies.

Urgence d’une aide humanitaire

En plus des violences sexuelles, les femmes sont exposées aux violences sexistes et aux violences liées à la maternité selon une alerte du bureau RDC du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). Cette situation est due au non accès aux principales infrastructures de soins humanitaires, bloqués du fait des affrontements. Le constat établi par l’UNFPA est alors la prolifération à un rythme alarmant des violences sur les femmes dans les zones où l’aide humanitaire est limitée. En gros, la crise rend les femmes vulnérables et les expose à diverses formes de violences et aux conséquences dont les maladies sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées.  « Plus de 2000 femmes sont exposées à un risque accru de violence sexuelle et de transmission du VIH en raison de leur vulnérabilité », alerte l’organe onusien. Une aide humanitaire est donc urgente pour secourir les femmes dans cette crise, les enfants et les hommes également sont comptés dans le bilan des 700 morts et 2800 blessés entre le 26 et le 30 janvier 2025 selon l’OMS.

Quand les responsabilités des belligérants et de la communauté internationale sont questionnées

Il y a plusieurs années depuis le génocide rwandais que les tensions persistent entre ces deux pays de la région des grands lacs que sont la RDC et le Rwanda de Paul Kagame. Le M23 et les forces rwandaises ayant pris le contrôle de Goma depuis le lundi 27 janvier après des combats intenses qui ont fait couler le sang des civils, le Président rwandais hué a déclaré que sa priorité pour l’Est de la RDC est de détruire les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Kigali ne tolère pas en effet l’installation du groupe armé qui serait créé par d’anciens responsables du génocide Hutu des Tutsis au Rwanda en 1994, selon les déclarations de Paul Kagame. Son gouvernement considérerait en effet le FDLR comme une menace permanente. De son côté, le Président congolais dans un discours prononcé mercredi, a annoncé une « riposte rigoureuse et coordonnée » à la violation de son pays par le Rwanda tout en condamnant la passivité de la communauté internationale.

La négociation n’est-elle pas possible entre les pays voisins ? Que fera la communauté internationale pour stopper l’invasion du M23 et des forces rwandaises en RDC ? Des questions posées au sein de l’opinion publique internationale et qui incitent à la résolution rapide de la crise afin de stopper la saignée.

Chanelle NDENGBE

 

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