Après la malheureuse confirmation du décès d’Alexandra Martine Diongo Lumbayi, des langues se délient dans la douleur pour décrier les politiques africaines à l’origine de l’émigration des étudiants vers l’occident.
Après plusieurs jours de recherches, Alexandra Martine congolaise de Kinshasa a été retrouvée inerte mardi 08 octobre à la Marina de l’île Saint-Quentin, où elle avait été vue pour la dernière fois en vie. L’étudiante de 21 ans qui était portée disparue depuis le 2 octobre 2024 a fini par être identifiée après un moment d’incertitude, et les circonstances troubles de son décès donnent lieu à de profondes réflexions sur l’émigration des étudiants africains pour l’occident.
Nathalie Yamb ne retient pas son encre face au malheureux incident. La panafricaine et militante politique camerounaise dénonce la responsabilité des dirigeants africains dont les politiques selon elle, encouragent l’émigration des étudiants pour les pays dits développés du fait du climat d’insécurité qu’elles (les politiques) créent.
« j’affirme que si nos pays étaient sécurisés, si leurs systèmes scolaires, universitaires étaient au top, s’ils étaient industrialisés, s’il y avait du travail pour les jeunes, si la vie humaine, celle du citoyen lambda, avait autant d’importance que celle du président de la république, des ministres, de leurs femmes/maris et de leurs enfants, alors on est fondé de penser qu’Alexandra serait encore en vie …Parce que sa mère ne se serait pas pliée en quatre pour l’envoyer étudier à l’étranger afin qu’elle ait une vie meilleure … Et Alexandra n’aurait pas rencontré la mort dans les eaux froides d’une rivière en octobre 2024»,
explique la panafricaine.
Nathalie Yamb évoque une mesure de remédiation sur laquelle elle a travaillé dans le passé.
« Il y a 13 ans, avec le professeur Mamadou Koulibaly, nous avions inscrit une mesure intitulée «personne ne sort» dans notre projet de société pour la Côte d’Ivoire. On avait beaucoup d’insultes mais aussi du soutien. Cette mesure spécifiait qu’aucun haut fonctionnaire de l’argent public (président de la république, ministres, députés, maires, gouverneurs, directeurs généraux et ministère et d’entreprise (publiques/parapubliques), ni aucun membre immédiat de leurs familles… n’aurait l’autorisation d’aller se faire soigner à l’étranger, ni d’aller se scolariser/scolariser les enfants à l’étranger, sauf à démissionner préalablement irrévocablement de la fonction publique et de présenter une attestation de régularité fiscale »,
révèle la femme politique qui précise que cette mesure obligeait aussi ces cadres et leurs enfants à se soigner et étudier dans les établissements publics. C’est une mesure que Nathalie Yamb croit efficace pour apporter de la lumière dans les Etats africains.
« Je vous assure que si nous faisons cela, en 6 à 12 mois, plein de choses vont changer dans nos pays », rassure la panafricaine, qui invite ainsi les dirigeants à prendre leurs responsabilités. « Arrangeons nos pays et nos mentalités. C’est une question de survie pour tous ».
Alexandra Martine Diengo Lumbayi, unique enfant à sa maman avait disparu le mercredi 2 octobre 2024 vers 16 h, après avoir été vue pour la dernière fois à l’île Saint-Quentin. Sa maman a par la suite lancé l’alerte sur les réseaux sociaux, dans une vidéo dans laquelle elle laissait exprimer son immense angoisse. Ce cri à l’aide a ému en plus des congolais, les internautes de divers pays dont le Cameroun où la défunte était née. La découverte de son corps sans vie suite à l’alerte d’un pêcheur mardi 8 octobre 2024 à la Marine de Saint-Quentin plonge plusieurs dans une grande tristesse. La jeune étudiante était la meilleure amie à sa mère telle que celle-ci le témoigne attristée.
« Alexandra est l’unique fille que j’ai eue lorsque j’avais 17 ans, son père avait renié la grossesse et j’ai souffert avec ma fille, imaginez que j’ai été chassée par mes parents et j’ai été reniée par son père. J’ai donc fait grandir ma fille en étant sa maman et son papa en même temps, je l’ai scolarisée dans la souffrance en l’envoyant en Afrique du Sud, au Cameroun et au Canada..voilà comment à ses 21 ans, elle est partie en me laissant. Ma fille était ma meilleure amie, mon trésor et comment sera ma vie sans elle ? «
Selon Radio Canada, des fleurs ont été déposées sur le lieu de la découverte macabre en hommage à Alexandra. La mort de la jeune étudiante reste pour l’heure un mystère et réponses sont attendues par rapport aux circonstances de son décès.
Chanelle NDENGBE
