Après un mois de prison, dont quelques jours passés avec ses enfants, Djanabou a été reconnue non coupable de vol de téléphone.
Poursuivie pour trois chefs d’accusation dont vol de téléphone, défaut de carte nationale d’identité (CNI) et évasion, Djanabou Aboubakar sort blanchie par le tribunal de première instance du centre administratif de Yaoundé pour vol de téléphone, principal motif de son incarcération à la prison de Kondengui. Dans le verdict prononcé ce lundi 20 novembre 2023, elle est par contre reconnue coupable des deux derniers chefs d’accusation et sa condamnation se résume à une peine d’un mois de prison et une amende de trente mille trois cent quatre-vingt et un (30 381) FCFA respectivement pour « défaut de CNI » et «évasion » selon David Eboutou, consultant des médias, qui avait rapporté l’histoire sur le Meta. Ce dernier apprend également qu’elle a été libérée dans l’après-midi du 21 novembre 2023, car ayant purgé la peine prononcée.
Les internautes ont unanimement crié à l’injustice sociale lorsque l’affaire a été rapportée sur les réseaux sociaux. David Eboutou précisait que la principale protagoniste Djanabou Aboubakar, est une originaire de l’Extrême-Nord, veuve et mère de deux enfants âgées de 6 et 3ans et vivant du petit commerce. C’est le 13 octobre dernier qu’elle avait été déposée à la prison centrale de Yaoundé avec ses enfants. Cette incarcération faisait suite au scandale provoqué par une dame quelques jours plus tôt dans une rue du quartier Tsinga à Yaoundé, l’accusant haut et fort d’avoir volé son téléphone. C’est cette scène qui va conduire Djanabou au commissariat. Lors de son exploitation, il est remarqué qu’elle n’est pas indentifiable, ce qui ajoute à l’accusation du vol de téléphone, le « défaut de CNI ». Pendant sa garde à vue elle se serait éclipsée pour s’occuper de ses enfants, d’où le 3e chef d’accusation «l’évasion ».
Le 20 octobre, à la suite de la diffusion de l’histoire sur les réseaux sociaux avec des photos à l’appui, le quartier N°5 où elle était placée avec ses fillettes faisait l’objet d’une fouille pour trouver le téléphone qui avait filmé la mère et ses filles en prison et suscité l’indignation générale. Une semaine ne s’était pas écoulée que les enfants ont été sorties de Kondengui grâce aux dénonciations massives d’injustice sociale et à l’intervention directe des âmes de bonne volonté au tribunal.
L’acquittement de la jeune mère est donc une bonne nouvelle après la sortie de ses fillettes. Elle devra se diriger aussitôt libérée vers les services sociaux à qui ses enfants ont été confiées pendant sa détention. Une affaire qui a rendu les camerounais forts stupéfaits du manque d’humanisme des pouvoirs publics.
Chanelle NDENGBE
