Le garçon de 16 ans présentait des brûlures du 2e et 3e degré lorsqu’il a été admis à l’hôpital après avoir été molesté par son voisin adulte.
Des accusations de vol en fond du drame qui s’est produit au lieu-dit Song Mahop, au quartier Village dans le 3e arrondissement de la ville de Douala. C’est là qu’un monsieur a aspergé son jeune voisin d’’essence avant d’allumer le feu sur lui.
Projet mis en exécution ou justice individuelle ?
C’est presqu’avec des flammes sur le corps que Cléo Gethusi a couru sur une longue distance pour retrouver sa mère à son lieu de services. Après avoir été brûlé au milieu des voisins, il se disait qu’il ne serait en sécurité qu’avec sa maman. Au micro de Griote, cette dernière comme les riverains, fait savoir que l’affaire remonte à trois semaines. Si dame Laurence Minwo, la maman du garçon ne se souvient plus de la date de cette tragédie, le traumatisme de cette journée ne l’a pas quittée près d’un mois après. C’est après avoir été accusé de vol qu’il a été immolé par « tonton Téckos » comme l’appellent les plus jeunes du quartier, sinon selon dame Minwo, l’homme avait averti de son acte. « Il m’avait promis qu’il allait brûler mon enfant, même à ma mère il avait dit ça. Moi j’ai pris ça comme les blagues, parce que je ne pouvais pas imaginer qu’il pouvait faire ça vu l’écart d’âge. C’est un homme il a des enfants », informe dame Minwo.
Mais le tonton Téckos, n’est pas celui qui s’est plaint de vol il y a environ un mois. C’est un autre voisin qui appelé Cléo ce soir-là, ce que le jeune homme a trouvé normal, car ce voisin avait l’habitude de lui confier des petits travaux et de le commissionner. Ce monsieur disait avoir laissé la somme de 260 000 FCFA chez lui et n’a trouvé que 200 000 FCFA. «Quand l’enfant vient il lui dit que c’est toi qui a volé mon argent ici. L’enfant dit non ce n’est pas moi. Je viens moi de rentrer du travail. Le voisin dit donc que c’est toi ! On m’a dit au quartier que tu déranges beaucoup ». Ainsi le nommé Teckos a été appelé par le voisin plaignant pour punir le jeune homme dont le forfait n’était pas prouvé. Sieur Yondjeu Teckos a d’abord frappé le garçon avant de l’asperger d’essence, selon le témoignage même de Cléo. Ce dernier a appelé la sœur de son bourreau à l’aide, « mais tonton Teckos a dit : quitte-là, n’interviens pas ! », selon les propos de l’adolescent. Après avoir été aspergé de carburant, Teckos a allumé le feu sur l’enfant en présence de plusieurs. Une situation qui choque particulièrement la maman jusqu’ici. « Il a crié, il a crié, les voisins étaient là. Personne n’a pu l’arrêter qu’il ne brûle pas l’enfant », s’indigne-t-elle.
Au moment où on le brûlait, Cléo portait un pull-over. Il a donc retiré ce pull-over enflammé pour se sauver des flammes, mais ses cheveux, ses oreilles et ses mains étaient aussi en feu. Ce sont ces deux dernières parties du corps qui ont justement été déclarées brûlées au 3e degré à l’hôpital général où le garçon a été admis après un passage à l’hôpital Laquintinie de Douala. Cléo a été alité pendant près de deux semaines à l’hôpital. Les factures qui s’élevaient à près de 700 000fcfa ont été réglées en partie par la famille de Teckos, selon dame Minwo. Mais des voisins affirment que cette famille a pris en charge la totalité des dépenses à l’hôpital. A date, Cléo qui reçoit toujours des soins, porte encore des bandes de la tête aux oreilles et sur la main. « J’ai encore mal aux oreilles et la main aussi me fait mal », fait-il savoir.
Plus de trois semaines après le drame, Yondjeu Teckos n’a pas été inquiété. Dame Minwo affirme n’avoir pas porté plainte d’abord parce qu’elle était plus préoccupée par le rétablissement de son fils, mais ensuite parce qu’elle n’a pas d’argent pour les procédures et se dit qu’elle ne va pas obtenir gain de cause. « Je ne suis que seule avec ma mère qui me soutient, les pères des enfants m’ont abandonnée. Je vais porter plainte, ils sont nombreux, moi je suis seule », se lamente-t-elle.
Le bénéfice du doute n’a pas été accordé à l’adolescent quand il a nié avoir volé. Selon le voisinage, c’est un « enfant qui dérange beaucoup », qui a l’habitude de voler, d’où la non-intervention de plusieurs. Il n’en demeure pas moins vrai que l’histoire choque la toile et plusieurs dénoncent l’impunité face à un assassinat manqué. C’est un cas de violence sur mineur qui s’ajoute aux précédents cas dont celui de Divine Mbarga, qui continuent de heurter les Camerounais.
Chanelle NDENGBE
