Savoir où se trouve sa grand-mère, sa mère, son neveu, un proche, c’est la difficile épreuve à laquelle sont confrontées les familles qui campent à la falaise de Dschang depuis le double éboulement.
Les mines sont serrées, l’angoisse se lit sur les visage des personnes qui attendent d’avoir des nouvelles des leurs, engloutis par le double éboulement survenu le mardi 05 novembre 2024.
« Ce qui est sûr, ma grand-mère et ma mère ne sont plus en vie, elles m’ont laissé hier matin en disant qu’elles vont au champ, en rentrant … elles arrivent ici et il y a éboulement. Depuis hier on ne les voit pas ».
déclarait Cedric Noubissi, les larmes dans les yeux au micro d’Equinoxe TV. Au lendemain de la catastrophe il a affirmé avoir reçu le corps de sa mère après les fouilles des sapeurs-pompiers, il était en attente de celui de sa grand-mère. Mais nous ne savons pas si elle a été retrouvée. En dehors de cet homme, un autre était stressé de ne pas avoir des nouvelles de sa sœur ainsi que son neveu.
« Ma sœur était au champ avec son premier fils, on m’a appelé à minuit pour me dire qu’ils étaient introuvables. Jusqu’ici, on ne les trouve pas. Je m’inquiète. Quand vous voyez la terre-là, vous pensez qu’on va l’enlever avec quoi ? »
S’interrogeait la voix tremblotante d’émotions Grégoire Tadjouning au micro de la BBC.
Pour l’heure, l’on dénombre 12 corps extraits des décombres dont au moins 3 personnes de sexe féminin, plusieurs familles continuent d’attendre leurs proches. Selon la comptabilité officielle, au moins 11 personnes recensées seraient encore prisonnières des décombres. Entre ce dimanche midi et le lundi 11 novembre 2024, les fouilles ont été stoppées du fait de la logistique indisponible. Les bulldozers sont arrivés sur le site le mardi 12 novembre et aucune nouvelle dépouille n’a été excavée, ce qui accentue l’angoisse des familles.

Ce qui s’est passé
Le mardi 05 novembre 2024, un glissement de terrain est survenu à la falaise de Dschang, dans la région de l’Ouest Cameroun aux environs de 10h 40. Les équipes mobilisées pour dégager la voie jusque-là obstruée par la terre ont été surprises par un autre éboulement, selon Awa Fonka Augustine, le gouverneur de la région de l’ouest dans un communiqué.
« Alors que les engins mobilisés par la Délégation Régionale des Travaux Publics de l’Ouest et la Mairie de Dschang pour les travaux d’urgence en vue du déblaiement de la chaussée tendaient vers la fin de leur besogne, un autre éboulement de grande ampleur est survenu vers 14 heures et 30 minutes sur le même lieu ».
Lit-on dans le communiqué du gouverneur daté du 5 novembre. Il ajoute que des images prises par un drone, montrent que les 03 engins lourds engagés pour les travaux de déblaiement du premier éboulement de terre ont été engloutis, ainsi que .
03 véhicules coaster, 05 véhicules picnic, plusieurs motocyclettes, des passants et riverains identifiés. Mais cette communication n’est pas précise sur le nombre de personnes qui pourraient se retrouver captives sous les décombres. On ignore donc si ces véhicules contenaient des passagers, mais les chercheurs affirment que c’est la conséquence d’une catastrophe naturelle qu’il faut mettre en études.
Ainsi, le glissement de terrain de la falaise de Dschang du 5 novembre, qui a fait au moins 12 morts, aurait été causé par l’accumulation d’eau dans les roches suite aux fortes pluies enregistrées cette année dans la région de l’Ouest, couplée aux vibrations des poids lourds. Cette information provient d’une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Dschang. D’ailleurs le recteur de cet institut universitaire d’Etat, le professeur Roger Tsafack Nafosso a annoncé la mise sur pied d’une équipe pluridisciplinaire pour la prévention de telle catastrophe à l’avenir.
La longue attente …
Au delà des discours, l’attente devient interminable pour les familles qui continuent de camper sur le site, car il leur a été annoncé la découverte d’une voie de contournement pouvant permettre de retrouver les dépouilles ensevelies. Une situation inquiétante qui réveille le souvenir des premiers jours de fouilles où les recherches s’effectuaient avec pelles et pioches, des outils d’une autre époque qui ne favorisaient pas l’intensité des investigations. Du coup ce week-end, une forte odeur de putréfaction se dégageait sur le site avant qu’une pluie ne vienne atténuer l’atmosphère.
En attendant, le double éboulement à la falaise de Dschang a des conséquences sur les voyageurs qui, partant de la ville de Douala sont contraints d’emprunter des voies de contournement, tandis que les coûts de voyage explosent.
Chantal Mveng
