C’est la fin du suspens chez ceux qui espéraient encore voir les dépouilles de leurs proches, victimes de l’éboulement meurtrier.
Le gouverneur de la région de l’Ouest a annoncé lundi, la fin des opérations de recherches sur le site du sinistre. Les fouilles effectuées pendant deux semaines s’achèvent alors que de nombreuses familles sont toujours à la recherche des corps des leurs. C’est le patron de la région de l’ouest Awa Fonka Augustine qui en a donné l’ordre. Ce dernier a justifié cette décision par le fait qu’il serait désormais impossible de retrouver d’autres cadavres dans les décombres. « Les fouilles vont s’arrêter aujourd’hui. Il y a des équipes qui se sont déployées et à ce jour, nous pouvons retenir qu’il n’y a plus de possibilité de voir des cadavres », a déclaré le gouverneur face à la presse. Durant ces deux semaines de fouilles, douze (12) corps ont été extraits des décombres, dont au moins trois (03) femmes. Le dernier corps a été extrait il y a plus d’une semaine, tandis que des familles restaient en attente pour une vingtaine de victimes disparues. Le bilan de 12 corps et une vingtaine de disparus reste donc inchangé, il est désormais définitif. L’arrêt des opérations de recherches est une autre raison d’indignation. Il provoque la désolation chez les familles des victimes, présentes sur le site du sinistre. Malgré la lenteur des opérations, ces familles espéraient qu’elles finiraient par voir au moins les restes des leurs.
Des drames qui se ressemblent au Cameroun
Les multiples indignations de ce drame du 5 novembre 2024 constituent l’un des points de similitude qu’il présente avec l’effondrement de l’immeuble RX4 survenu à Douala en juillet 2023, ayant fait une quarantaine de morts selon les chiffres officiels. La sortie du 12e et dernier corps des décombres remonte à plus d’une semaine, soit une semaine après les éboulements, produits le 5 novembre dans l’après-midi, ensevelissant 03 véhicules coaster, 05 véhicules picnic, plusieurs motocyclistes, des passants et des riverains identifiés, ainsi que des engins dépêchés pour secourir les victimes du premier éboulement selon une communication du gouverneur de la région de l’ouest. Les jours s’écoulaient, les familles avaient perdu espoir pour la vie des leurs, mais attendaient désespérément de récupérer leurs dépouilles. Les critiques se faisaient entendre de part et d’autres au sujet de la lenteur des fouilles et du recours aux techniques rudimentaires avant la mobilisation des ressources matérielles et humaines plus ou moins adéquates. Il en était de même en juillet 2023 à Douala. Alors que le quartier s’impatientait pour les victimes identifiées coincées dans les décombres, les fouilles s’étaient stoppées le lendemain du sinistre autour de 20h, pour reprendre plus tard le lendemain. Sur le terrain, les journalistes de Griote avaient appris que le conducteur de l’engin avait eu un malaise. Une grande indignation avait été exprimée. « Donc dans tout un Cameroun, il n’y pas une équipe de relais pour sauver secourir les victimes dans de telles catastrophes ? », s’interrogeaient certains révoltés.
Dans les deux cas de tragédie, les fouilles ont cessé alors que les disparus signalés n’avaient pas encore été retrouvés. Alors qu’à Mobil Guinness, un homme cherchait son épouse infirmière qui s’était rendue dans l’immeuble effondré pour des soins d’un patient avant d’être surprise par le drame, à la falaise de Dschang, c’est une vingtaine de victimes ensevelies qui n’ont pas été retrouvées. Dans le cas actuel, la situation est particulièrement révoltante. Le fait que les opérations cessent deux jours après l’extraction des deux engins ensevelis des décombres lors du deuxième éboulement est assez mal perçu par des internautes . « C’était quoi le plan de la fameuse fouille ? Sortir les engins (c’est-à-dire l’argent) ou fouiller pour retrouver les dépouilles et ainsi guerir un bout de cœur endolori par la perte des leurs ??? » réagit une internaute sur la page Facebook de Griote. Plusieurs sont également scandalisés par l’incompétence des autorités à gérer de telles situations au 21e siècle. « Donc on n’a pas de drone équipé d’une technologie de fouille souterraine dans ce pays? », interroge un autre internaute.
Les mêmes drames se produisent ainsi au Cameroun, connaissent des dénouements similaires et des leçons ne semblent pas tirées. Les familles continuent de mener le deuil à l’aveugle. L’organisation des obsèques par le gouvernement sur le site du sinistre en hommage aux disparus est une proposition pour soulager les coeurs attristés.
Chanelle Ndengbe
