Deux femmes dépressives face à un homme, est le ratio des cas enregistrés au Cameroun, l’urgence est pour le genre féminin visiblement plus vulnérable, d’y remédier .
Selon le Dr Aurore Nzesseu médecin-psychiatre, la santé mentale est un « état de bien être dans lequel l’individu peut se réaliser et être utile à sa communauté ». Le médecin explique que la santé mentale est menacée lorsqu’un changement de comportement s’installe (changement d’émotions, état d’esprit perturbé, hallucinations, tristesse). Si ces symptômes sont présents, s’intensifient, durent alors on parle de maladie mentale dont le type le plus important est la dépression au regard des consultations en psychiatrie avec un ratio d’un homme face à deux femmes. Il est urgent d’y remédier surtout que les effets causés par la dépression sont parfois irréparables. C’est à cet effet que l’écrivaine Bibiche Kound livre cinq astuces pour permettre à la femme de préserver sa santé mentale.
Reconnaître que la santé mentale est capitale
C’est le premier élément évoqué par l’écrivaine et conférencière sur la question. « Il faut que tu acceptes que la santé mentale est capitale « , répétait-elle. Pour elle, la femme ne peut chérir sa santé mentale si elle n’a pas conscience qu’elle peut tomber malade mentalement. Telle une femme qui sort très bien vêtue en pleine pluie et prends un parapluie parce que consciente que ses beaux vêtements seront mouillés de même que sa jolie coiffure, ainsi devrait-on se ménager à l’intérieur. Cette conscience est donc primordiale en ce sens qu’elle permet d’envisager les perspectives lorsque une situation menaçant la santé mentale survient.
Faire le ménage dans votre entourage
C’est parce que l’environnement, les personnes qui sont autour d’un individu peuvent influencer la santé mentale qu’il est important de savoir faire le tri des compagnies. « Il faut arrêter de vous entourer des personnes toxiques« , a dit Bibiche Kound. Par personne toxique, elle entend les personnes qui amènent les autres à se sous-estimer, qui tirent leurs proches vers le bas en leur donnant le sentiment qu’ils sont des incapables . « Que fais-tu avec une copine qui ne te soutient pas dans tes projets en te faisant toujours croire que tu ne peux pas? », interroge l’écrivaine. C’est ce tri des compagnies qu’elle désigne comme « faire le ménage dans sa vie« .
N’avoir pas honte de ce que vous voulez
Assumer ses souhaits est un autre élément listé par l’auteur de Libre pour la préservation de la santé mentale. « Si tu ne veux pas assumer ce que tu veux, comment tu peux prier pour que Dieu te donne cette chose?« . Quoi que ce soit que l’on désire, du moment où ce n’est pas malsain il faut l’assumer. Il peut s’agir d’une promotion ou même d’un compagnon. Dans ce dernier cas les femmes ont souvent honte de le reconnaître. » Il y a des femmes qui veulent un homme dans leur vie, un mari, mais elles ont honte. Non il faut assumer, c’est comme ça que tu l’auras« . En reconnaissant ses désirs, loin de sombrer dans dépression plus tard parce que ces souhaits ou désirs ne sont pas réalisés, la femme se donne les moyens de les accomplir et permettre aux autres de lui venir en aider.
Se chouchouter
Pour se sentir bien dans sa peau et épanouie, la femme doit prendre soin d’elle. Ceci implique accentuer sa beauté par ses belles-mises quand ses moyens lui permettent, se faire plaisir avec des cadeaux, des sorties (restaurant, glaciers etc…). C’est une manifestation de l’amour que la femme a pour elle et s’aimer est important pour préserver sa santé mentale, même lorsque les agents agresseurs de cette santé sont extérieurs.
La bienveillance
« La seule manière de recevoir l’amour c’est d’en donner » révèle la conférencière aux femmes pour faire comprendre que si elles veulent être choyées et soutenues, elles devraient faire de même avec les autres. La bienveillance des uns envers les autres créé un climat de paix, préservant ainsi de la plus belle des manières la santé mentale.
Cet exposé sur la préservation de la santé mentale a eu lieu à la veille de clôture du mois de mars, à l’occasion de la 2e édition des Ateliers de la santé mentale de Bibiche Kound (ABK). L’ événement placé sous le thème « Investir sur la santé mentale de la femme » a été un véritable moment édifiant et thérapeutique avec des intervenants de qualité. À coté de la promotrice, le Dr Nzesseu exposait la réalité sur les maladies mentales avec un bref état des lieux au Cameroun, la Journaliste et Ceo de Griote Clarence Yongo présentait l’état des lieux des violences faites aux femmes, causes et conséquences des maladies mentales. L’importance du bilan émotionnel pour la prévention et le traitement de l’instabilité mentale a été expliquée par l’écrivaine Alice Bebbe Koko et la question des droits des femmes était au rendez-vous avec Me Clémence Mafetgo qui a présenté aux femmes la loi qui les protège contre les violences dans le foyer et ailleurs.
L’édition 2 des Ateliers de la santé mentale a rempli ses missions dont la libération de la parole. Des femmes ont raconté leurs expériences et sont réparties apaisées, elles disent attendre la prochaine édition.
Chanelle NDENGBE


