Marie Khone et Absa Faye, les deux premières dames du Sénégal suscitent admiration chez plusieurs jeunes femmes sénégalaises qui disent accepter sans sourciller la polygamie, même si les féministes y émettent un bémol.
C’est que l’image de ces deux dames est au cœur même de la vie de couple du cinquième et plus jeune Président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye. L’homme de 44 ans entre dans les anales en tant que premier dirigeant de son pays à assumer deux épouser au palais présidentiel. Un fait inédit au pays de Léopold Sédar Senghor qui fait les choux gras de la presse internationale.
Alors ces premières dames qui sont-elles ?
Marie Khone est la première épouse de Bassirou Diomaye Faye. Le couple originaire de Ndiaganio, s’est marié il y a 15 ans selon seneweb, il compte quatre enfants dont trois garçons et une fille. La dame travaille dans le domaine des assurances selon la presse locale.
Absa Faye originaire de Diakhar est la seconde épouse, dont le style séduit les sénégalais. Mariée à Bassirou Diomaye Faye en février 2023, elle n’a pour le moment pas d’enfant avec le nouveau Président du Sénégal. Elle est présentée comme spécialiste des questions de genre et coordonnatrice de projets au fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP).
Bassirou Diomaye Faye n’est pas le premier Président africain officiellement polygame
Jacob Zouma du temps où il dirigeait l’Afrique du Sud présentait ses multiples épouses, tout comme Omar El Bechir au Soudan ou encore Adama Barrow en Gambie.
La polygamie comme modalité de nuptialité, n’avait pas cours uniquement en Afrique
«dans la bible pour les hébreux, on a des récits qui vont corroborer que beaucoup de personnages bibliques étaient déjà des polygames à leur époque, ce qui montre que la pratique était déjà acceptée dans cette partie du monde-là »,
fait savoir Aladin Tiam, sociologue.
En Afrique, Europe ou Asie,
« la polygamie était un mode de nuptialité qui obéissait à une nécessité dans ces moments troublés où beaucoup de gens se faisaient la guerre et puis il y avait nécessité d’avoir une taille critique en tant que communauté pour pouvoir résister aux assauts des villages ou tribus voisines, il fallait faire le maximum d’enfants »,
d’où la polygamie dans ces civilisations anciennes. Car la guerre décimant les hommes, il était important de regarnir la société et pour ce faire, les hommes épousaient donc le maximum de femmes possible.
Cependant dans le monde hellénique , la Grèce antique et la Rome antique, on trouvait beaucoup plus la monogamie comme mode de nuptialité
« il y avait toujours des concubines présentes qui étaient très souvent soit des esclaves, soit des travailleuses professionnelles du sexe et dans l’environnement direct de l’époux … la monogamie était formelle parce qu’on épousait une seule femme, mais on avait le droit de faire l’amour avec d’autres femmes … sans que cela ne choque personne»,
révèle le sociologue.
En résumé aucune modalité de nuptialité n’est figée, même pas pour les dirigeants d’Etat et des jeunes sénégalaises interviewées sur le sujet trouvent que « la polygamie est glamourisée ». En 2013, 32% de ménages sénégalais se déclaraient polygames, même si la féministe Ndeye Fatou appelle cela « bizarrerie ».
Chantal Mveng
