L’actuel directeur général équato-guinéen de l’agence nationale d’investigation financière (ANIF) fait objet d’un énorme scandale à travers la diffusion de nombreuses vidéos érotiques qu’il conservait dans son ordinateur.
Dans lesdites vidéos le fils d’un neveu du président Obiang, s’affiche avec des épouses ou des filles de ministres, dignitaires ou généraux. Bello de son pseudonyme a des rapports sexuels non protégés avec ces femmes dans divers lieux, dont son espace de services, son bureau, selon les médias Équato-guinéens.
Les images érotiques, filmées à première vue avec le consentement des nombreuses partenaires du haut responsable politique suscitent moultes interrogations. Pour quelles raisons une personnalité publique filmerait-elle ses ébats sexuels avec des compagnes dont certaines seraient mariées? Qui a pu faire fuiter ces images et dans quel but?
Si certains observateurs voient dans la production et la publication de ces vidéos un rituel ésotérique, d’autres pointent du doigt la décadence morale de la société Équato- guinéenne et le manque d’encadrement de l’espace cybernétique. » les vidéos de Baltasar montrent notre état moral tel qu’il est. Ça choque parce que c’est vu mais ce sont des choses communes. Nos bureaux administratifs et nos grands bâtiments cachent bien des secrets. », nous confie Ady Oyono, journaliste à Bata.
Partagés entre gène et consternation, les autorités de Malabo se sont saisies de l’affaire. Une enquête instruite par le procureur général du parquet de la République Anatolio Nzang Nguema cherche à voir clair sur l’état de santé de Baltasar Ebang Engonga. Il s’agit de savoir si l’homme politique et haut fonctionnaire serait porteur d’une maladie sexuellement transmissible et s’il aurait pu volontairement contaminer ses nombreuses conquêtes. » Si les faits soupçonnés venaient à être établis, M. Engonga pourrait être poursuivi pour atteinte à la santé publique « déclare le procureur.
Et, même si les populations convoquent la rigueur des pouvoirs publics contre les acteurs des vidéos érotiques en circulation, il faut souligner qu’en l’état actuel de la législation en Guinée Équatoriale, aucune disposition ne permet de condamner quelqu’un pour avoir eu des relations sexuelles consentantes non protégées avec plusieurs partenaires.
Une situation qui accentue l’indignation de certains internautes qui appelent à légiférer sur l’intégrité des personnalités publiques et la diffusion des contenus sur les réseaux sociaux. C’est du moins l’avis de Ady Oyono qui appelle à des sanctions même symboliques. » l’Etat doit agir pour montrer qu’il est encore le gardien de la morale et du savoir vivre chez nous » lâche t-elle.
Pour l’heure, Teodoro Nguema Obiang, le Vice-président de la République de Guinée équatoriale annonce des sanctions à l’égard des « fonctionnaires qui ont des relations sexuelles dans les bureaux des ministères du pays. », il indique par ailleurs que » le gouvernement prendra des mesures sévères contre ces actes car ils constituent une violation flagrante du code de conduite et de la loi sur l’éthique publique« .
Une lutte contre l’immoralité et l’amoralité est donc ainsi engagée. A préciser que Baltasar Ebang Engonga est poursuivi pour dans une affaire de détournement de fonds, un montant de 6 milliards évoqué, ce qui aurait occasionné la perquisition de son bureau et la saisie de l’ordinateur contenant les vidéos au coeur du scandale. Le fils de Baltasar Engonga Edjo’o « est suffisamment grand pour répondre de ses actes », selon les propos de son père, l’actuel président de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC).
John Matou
