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IMMIGRATION CLANDESTINE : UNE FEMME RACONTE SON CALVAIRE DANS LE DÉSERT AVEC SON BÉBÉ DE 9 MOIS

Naomie et son  bébé ont passé les pires moments de leur vie entre l’Algérie, la frontière du Maroc et le Mali.

Partie  du Cameroun en mai 2014 à la recherche de meilleures conditions vie,  Naomie n’a jamais pu rejoindre l’Espagne son pays de rêve. Elle est retournée  au Cameroun en juillet 2018.

Entre  refoulement, maltraitance, agression et même violence, cette femme d’une trentaine d’années dit avoir eu la vie sauve grâce à  la «main de Dieu». Sa première escale a été l’Algérie où son mari résidait depuis quelques années.  Les deux vivaient une vie normale jusqu’au jour où ils décident de prendre la route pour le Maroc.

Début du calvaire

Des kilomètres  à pieds dans le désert pendant des jours,  Naomie en a parcouru, alors qu’elle était enceinte de 6 mois.

«Le problème a commencé au moment  où nous prenons la route pour le Maroc. Dans le désert nous avons passé toute une nuit  de marche, ce n’était pas facile. Quand j’arrive à la frontière Maroc -Algérie la police marocaine nous arrête et nous remet  dans les mains de la police Algérienne pour que nous puissons  retourner dans nos villes respectives», raconte Naomie.

Naomie, son mari et d’autres personnes refoulés à la frontière retournent donc  en Algérie mais, elle décide de ne pas abandonner son voyage. «J’étais enceinte et l’hiver approchait déjà.  Dans ma tête c’était que j’arrive, je laisse le temps passé et puis en été je reprends la route», continue-t-elle. Espagne  à tout prix, la jeune femme n’avait  rien d’autre à l’esprit.

Naomie a finalement accouché par césarienne et  l’enfant est né avec une infection.  Des mois après alors qu’elle s’apprête à reprendre le chemin du Maroc, c’est au tour  des autorités algériennes de les chasser du pays.

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Un jour  contre toute attente,  alors que son bébé n’avait que 9 mois, ils sont surpris par un service de refoulement. «La première fois qu’on nous refoule, on nous amène au centre et nous demande notre nationalité. Mais après ils nous ont relâché parce qu’ils recherchaient plutôt, les west africains. Deux semaines plus tard, ils sont revenus, nous ont demandé de ne prendre que le nécessaire.», explique-t-elle.  C’était la fin de la clandestinité dans ce pays.

Des jours et des nuits de marche à n’en point finir avec son bébé entre les mains. Abandonnée dans le désert sans eau  ni nourriture, c’est par «la force de  Dieu », qu’ils ont  survécu à cette difficile épreuve. «Lorsqu’on arrive dans une petite ville du Mali, nous avons attendu 2 jours pour embarquer gratuitement puisqu’on avait plus assez d’argent.On s’est retrouvé entrain de boire l’eau du chameau. Nos chauffeurs nous ont conduits dans les mains des rebelles, ils nous ont  violentés et dépouillés», martèle-t-elle le cœur serré. Malgré tout, ils arrivent  à la capitale du Mali où ils sont  accueillis  avant de reprendre le chemin pour le Cameroun.

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Des regrets

L’aventure de Naomie  a été un  «voyage  en enfer» dont elle garde de mauvais souvenirs. Avant de partir du Cameroun, elle travaillait dans l’un des plus grands hôtels de la ville de Douala. Aujourd’hui, elle n’a plus ce travail, et son bébé ayant été maltraité et mal nourri,  porte des séquelles.

A son arrivée au Cameroun, Noamie intègre l’Organisation Internationale des Migrants. Dans son entourage, elle sensibilise les jeunes sur les risques de la migration clandestine.

Elle fait d’ailleurs partie de l’équipe qui  est sur le terrain depuis le 25 novembre dans le cadre de la campagne de prévention contre la traite et le trafic des personnes. Une campagne organisée  par l’OIM pour  le projet d’évaluation de la traite des humains et du trafic des migrants au Cameroun.

Rachèle KANOU

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