www.griote.tv

L’ART DE TABLE LORS DES RECEPTIONS FAIT L’OBJET D’UNE SEANCE DE TRAVAIL DES FEMMES

Vous ne savez pas toujours comment  dresser votre table ou recevoir vos convives ? Eh bien des femmes ont été formées sur l’art de la table à Douala.

Dame Mbog Lem Christine, enseignante de formation et chef du bureau de l’emploi indépendant à la délégation départementale édifiait ses collègues  femmes le 6 mars dernier sur la mise en table et les règles de bienséance.

www.griote.tv

De l’installation des convives aux couverts

Les chaises doivent être de 50 à 60 cm si les tables réceptions sont en forme rectangulaires, et de 30 cm si les tables sont rondes. La fourchette est toujours portée du côté gauche de l’assiette, les dents contre la nappe, le couteau à la droite, la partie tranchante en direction de l’assiette. Les verres sont disposés par ordre décroissant de la gauche vers la droite devant l’assiette de l’invité. Ils sont généralement trois, l’un, le plus long (généralement moins large) pour le champagne, le suivant moyennement long mais le plus large pour l’eau à boire et afin le dernier le plus petit verre pour du vin. Les invités ont droit à deux assiettes l’une plus petite pour les crudités et fruits et l’autre plus grande pour la nourriture de résistance.

Pour ce qui est des règles de bienséance, il est proscrit de se servir des mains pour manger de la viande et du poulet. La fourchette et le couteau de tables servent les manger aisément.  Il est impoli de broyer les os d’une viande quelconque lors d’une réception à laquelle on est invité même si cet os est très tendre.

Par ailleurs, dans une réception de maison, même si la maîtresse de maison se fait aider par d’autres femmes et jeunes filles dans le service, elle doit savoir que c’est elle qui donne le signal du service ouvert aux invités par des salutations suivies de l’invitation de passer à table. Quand il s’agit d’une petite réception (moins de dix personnes), elle se charge du service, même si les enfants sont présents à l’exception du vin que seul  son époux le maître de maison est chargé de servir.

Autant de connaissances qui ressortent de l’exposé de l’enseignante en économie sociale et familiale. Un exposé qu’elle a tenu à faire parce que pour reprendre ses mots au micro de Griote TV : « Lorsque nous somme à table nous négligeons beaucoup de choses. Trop de maladresse qui émane de l’ignorance. C’est pourquoi j’ai tenu à partager cet enseignement avec mes collègues ». Toutefois, malgré  la richesse et la pertinence de cet enseignement, une autre cadre à la délégation, présente à cet atelier a soulevé un bémol.

www.griote.tv

Penser l’art de table à la camerounaise ?

C’est la question à se poser face au problème soulevé par dame Mbeleg, la chef du service administratif et financier à la délégation régionale. Pour cette dernière, cet enseignement est riche mais les règles évoquées sont occidentales et elles  ne concordent pas toujours avec celles des Africains. « Ce n’est pas parce que ces règles sont populaires que cela signifie qu’elles sont universelles. En Afrique on a aussi notre manière de penser, d’orner la table et d’autres façons de déguster un plat. On mange avec les doigts en Afrique pour ce qui est de plusieurs mets, oui on se lèche même les doigts et ça n’a rien de barbare, comme il y en a qui le prétendent, il faut juste respecter la culture de l’autre », soulignait la cheffe service administratif.

Dans un contexte où les conflits pour les cultures liées à la gastronomie sont de plus en plus à la une au Cameroun, la question s’avère préoccupante. Il y a quelques années, c’était  Sergio Polo qui était accusé d’heurter la sensibilité des ressortissants de l’Ouest en mangeant leur mets traditionnel avec une fourchette, alors qu’il se mange avec les mains. Les Chefs Mbo’o du Moungo dans le Littoral camerounais ont créé un détonateur en faisant un communiqué à l’intention de la communauté Bazou revendiquant la paternité de leur Koki sous prétexte que ces derniers voulaient s’en approprier. Au-delà des polémiques qu’ils ont créées, ces incidents prouvent l’attachement des camerounais à leurs cultures, d’où l’initiative de l’art de table à la camerounaise serait bien accueillie.

Chanelle NDENGBE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!
Top