Dans un entretien accordé à Equinoxe tv dimanche soir, l’avocate a déploré les conditions d’incarcération des femmes dans les prisons principale et centrale de Yaoundé.
Michèle Ndoki nous fait savoir que la majorité d’entre elles sont victimes d’injustice, car au bout de plusieurs années de prison, elles sont purement et simplement libérées. « Je prends le cas d’une jeune fille de 16 ans qui était incarcérée avec son mari sans jugement pendant des années. L’exemple d’une mère de 9 enfants incarcérée depuis 5 ans parce qu’elle était soupçonnée de nourrir Boko Haram. Elle a été libérée la semaine passée », explique la femme politique.
La vice-présidente du directoire des femmes du MRC, indique également que la gent féminine incarcérée dans les geôles de la prison de Nkondengui ne bénéficie d’aucun privilège. Certaines femmes n’ont par exemple pas le droit à une toilette intime. « Pour prendre une douche dans un couloir, il faut payer pour avoir un sceau » dit-elle. Elles n’ont pas le droit de dormir sur un matelas encore moins un lit. « Un matelas de 90 cm doit servir pour deux personnes», plusieurs sont obligées de dormir par terre.
Malgré ces conditions qu’elle décrit comme «inhumaines», Me Ndoki dit n’avoir pas été victime des tortures physiques. Néanmoins elle a appris une nouvelle façon de vivre aux côtés de ces femmes. « J’ai eu une vie spirituelle un peu plus sérieuse, je faisais partie de la chorale, j’ai appris à faire le feu de bois », indique l’opposante.

Incarcérée à la prison principale de Nkondengui pendant 9 mois puis relâcher sans aucune charge retenue contre elle, la militante du MRC est revenue sur les conditions de son arrestation.
Lors de la marche contre le « hold up électoral » du 26 janvier 2019, elle dit avoir reçu 3 balles dans ses cuisses gauche et droite. Après avoir appris que ses camarades du parti avaient été enlevés de leur lit d’hôpital pour la prison, elle a pris peur. L’opposante craignait que la police lui mette la main dessus alors que ses blessures étaient très graves et nécessitaient des soins appropriés. Au regard de cet aspect des choses, Michele Ndoki, décide de quitter le pays pour continuer ses soins au Nigeria. Seulement, elle va être stoppée à la frontière, non pas par un mandat d’arrêt mais par un message d’interdiction de sortie du territoire pour activisme politique.
Aujourd’hui, elle dit s’être remise de ses émotions et sort grandie de cette situation.
Rachèle KANOU
