6 femmes et 4 nouveau-nés ont été libérés de cette maternité illégale.
C’est dans l’Etat d’Ogun, dans le sud-ouest du pays, que la police nigériane a libéré ces 10 personnes ce 1er décembre 2020. Parmi elles, quatre femmes étaient enceintes.
Cette « usine à bébé » appartient à une femme sortie de la prison il y a quelques mois pour la même cause. Elle embauche des hommes dont le but est d’engrosser des femmes, qui portent des bébés destinés à la revente. Des ventres, devenus des supermarchés et les bébés la marchandise. Selon la police, cette propriétaire des lieux, avait déjà été arrêtée en début d’année, jugée pour traite des êtres humains, mais elle était en liberté sous caution.
C’est une pratique criminelle assez répandue dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest. Dans ces “usines à bébés”, des femmes kidnappées ou même vendues, généralement jeunes, sont enfermées puis violées par leurs ravisseurs. Les nouveau-nés sont vendus dans des circuits clandestins d’adoption ou réseaux de trafics d’êtres humains. Les enfants servent parfois pour des sacrifices rituels.
Entre fin septembre 2019 et ce mois de décembre, la police nigériane a démantelé au moins 3 réseaux de maternités illégales, qui ont fait de la vente des êtres humains leur activité principale.

Le 6 mars 2020, la police nigériane avait sauvé 13 autres personnes, dont un nouveau-né, dans le même Etat d’Ogun. Il s’agissait des jeunes femmes, âgées de 20 à 25 ans, piégées avec des promesses d’emplois, qui se sont retrouvées enceintes d’enfants destinés à la revente.
Dans la ville de Port Harcourt, dans le sud du pays, un autre réseau avait été découvert le 25 février 2020 par la police. Elle avait sauvé 24 enfants âgés de 1 à 2 ans et quatre adolescentes enceintes, peut-on lire sur le site d’information nigérian Vangard.
Le 30 septembre 2019, la police de Lagos démantelait une maison illégale où des femmes enceintes étaient emprisonnées jusqu’à la naissance de leurs bébés. Le même jour, vingt filles et femmes enceintes s’étaient échappées d’un camp de trafic humain.
D’après la police Nigériane, ces bébés sont vendus à différents prix selon le sexe. Les bébés garçons coûtent 500.000 nairas soit environ 800 milles francs CFA, tandis que les filles sont «vendues» pour 300.000 nairas soit environ 500 milles francs CFA.
Le trafic d’êtres humains est classé en troisième rang des crimes les plus fréquents commis au Nigeria, après la fraude et le trafic de drogue, selon l’Unesco.
Rachèle KANOU
