Les deux lauréates du prix Seshat estiment qu’avec plus de solidarité, les violences basées sur le genre pourront s’amenuiser.
C’est dans une mouvance de joie et d’encouragement que les lauréates du prix du courage féminin dans le journalisme camerounais ont reçu non seulement une œuvre d’art symbole de la femme courageuse mais aussi une enveloppe et un cadeau spécial, des mains du comité d’organisation. C’était le vendredi 6 août 2021.
Cette première Edition du prix Seshat n’est selon le comité d’organisation, qu’un élément parmi tant d’autres qui viendront saluer ce courage dont les camerounaises sont capables, notamment les journalistes dans un environnement difficile, déprimant et même à la limite détruisant. Malgré tout cela, il y a certaines qui s’affirment, continuent de travailler sur des sujets jugés complexes et n’abandonnent pas.
Bergeline Domou et Clarence Yongo
«Les deux que nous avons primés ce jour ont pris cette cause à bras le corps depuis longtemps et en réalité on reconnait ce qu’elles font depuis longtemps. Nous ne doutons pas qu’elles vont rester constantes dans ce qu’elles font déjà. Nous allons venir en appui avec tout ce que nous pouvons mobiliser dans notre réseau en termes d’encadrement en termes d’empowerment … de suggestion et autre. Le réseau sera mis à contribution pour qu’elles fassent plus que ce qu’elles ont fait aujourd’hui, afin que d’autres dames puissent se mettre au travail comme elles le font et bien sûr aller au-delà», a déclaré Bergeline Domou, membre du comité d’éthique et jury de cet évènement.
Clarence Yongo et Rachèle Kanou de Griote
Il faut dire que plusieurs femmes évitent de se lancer sur les sujets qu’elles estiment complexes ou difficiles. Pourtant, quel que soit le sujet, tant qu’il a pour but de dénoncer, informer et changer, il doit être sérieusement traité. La journaliste et CEO de Griote.tv , Clarence Yongo invite à la solidarité pour mieux affronter les sujets sur le genre.
«La solidarité fait en sorte que nous luttions pour la même cause. C’est cette solidarité qui fait en sorte que les violences faites contre les femmes s’amenuisent. Parce que je puis vous assurer qu’il y en a et les cas nous avons quotidiennement.», affirme la journaliste.
Elle a entre autre dédié ce prix aux journalistes victimes de violence dans l’exercice de leur fonction, rappelant qu’un membre de son équipe avait été déshabillé alors qu’elle enquêtait sur « le ratio bébé prématuré, nombre de couveuse dans les hôpitaux. ».
Bergeline Domou et Kate Djiaha
Dans le même sillage, la deuxième gagnante, la journaliste Kate Djiaha exprime son engouement à voir des récompenses se multiplier afin que d’autres se joignent à elles pour mener ce combat contre les violences faites aux femmes.
«Je pense qu’il est important qu’on mette ce genre de prix pour que les consœurs et ceux qui exercent dans le journalisme au Cameroun sachent que malgré le fait qu’on fasse un métier difficile, on est obligé de le faire, parce que nous sommes les protecteurs de ceux qui n’ont pas de voix », rassure Kate.
La première édition du prix Seshat a été décernée le 31 juillet 2021 à l’occasion de la journée internationale de la femme africaine.
Rachèle KANOU
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Clarence Yongo/ Landry man/ Kate Djiaha

Clarence Yongo et Rachèle Kanou de Griote