VIOL D’UNE FILLETTE DE 8 ANS A YAOUNDE : ZINGA ZINGA MODRIC MIS EN CAUSE, LA JUSTICE TOUJOURS ATTENDUE

Depuis le 6 septembre jour de la rentrée scolaire au Cameroun, la maman de la petite Ange (prénom d’emprunt) est anxieuse du fait du viol subi par sa fille de 8 ans pendant les vacances, l’enfant accuse son oncle de 28 ans mais la justice traîne le pas.

Déjà 41 jours qu’un certificat médico-légal délivré par l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé indiquait que la fillette avait perdu son hymen, avec un écoulement jaunâtre dans sa partie vaginale, attestant selon les médécins qu’elle a effectivement été victime de sévices sexuelles.

Mais le papa de la victime présumée depuis le début de l’affaire ne veut pas l’entendre de cette oreille. Menye Zinga Ernest protège son frère cadet Zinga Zinga Modric, 28 ans, sociétaire du club Bedifa, mis en cause du viol de Ange. Ledit papa est allé jusqu’à déposer une plainte contre Marie Madeleine Tsanga Adjongo, mère de la petite, qu’il poursuit pour « diffamation, menaces sous condition, injures publiques ».

L’histoire de Marie Madeleine Tsanga Adjongo et du sieur Menye Zinga est celle d’un couple séparé depuis deux ans, mais cet homme et cette femme ont trois enfants de 8 ans, 6 ans, 4 ans. Durant les vacances, l’homme qui vit désormais avec une autre femme, prend les enfants et les ramène à la rentrée scolaire. Sauf que cette année, l’aînée des enfants est revenue avec un problème grave, elle dit avoir été victime de viol et accuse son oncle. L’affaire est portée auprès de l’association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF), antenne du Centre, accompagnée par Me Tombo Manfred, avocat au barreau du Cameroun, qui a pris sous son humanité l’engagement judiciaire.

Chronologie des faits

6 septembre 2023 : Après les vacances chez son père, retour de Ange chez sa maman et constat d’une démarche inhabituelle. Interrogée avec insistance, elle finit par répondre « tonton junior (Zinga Zinga Modric) a mis son machin dans mes fesses». Elle dit également avoir été victime de menaces de ce dernier ainsi que de sa belle-mère (nouvelle compagne de son père). Le bourreau présumé lui aurait dit de garder le silence, sinon elle mourra. La belle-mère quant à elle lui aurait promis d’aller en enfer si jamais elle en parle. Par la suite, le père de la victime présumée déclare avoir fait des examens médicaux qui prouvent que sa fille n’a rien et qu’il s’agit de manigances de son ex compagne.

04 octobre 2023 : Un certificat médico-légal délivré par l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé indique que l’enfant a perdu son hymen avec à la clé un écoulement jaunâtre. Entre temps, Marie Madeleine Tsanga Adjongo reçoit des menaces de la famille de son ex compagnon, ainsi que celles d’un homme se présentant comme un agent de la légion de gendarmerie du centre à Yaoundé.

11 octobre 2023 : Une plainte contre le nommé Zinga Zinga Modric pour «outrage à la pudeur, viol, inceste sur un enfant de 8 ans» est déposée auprès du procureur du tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif.

16 octobre 2023 : Après collecte des fonds sous les soins de notre web média Griote, Ange est conduite à la l’hôpital pour une prise en charge médicale. Des prélèvements sont effectués au centre pasteur.

20 octobre 2023 : L’instruction du parquet diligente l’enquête à la légion de gendarmerie du Centre.

20 octobre 2023 : Zinga Ernest Désiré dépose une plainte contre Marie Madeleine Tsanga Adjongo et son frère aîné pour «diffamation, menaces sous condition et injures publiques ».

23 octobre 2023 : Marie Madeleine Tsanga Adjongo et son frère répondent à la convocation de la légion de gendarmerie du Centre. Mais le plaignant est absent. Elle est menacée par l’enquêtrice qui lui demande pourquoi les médias sont mêlés à cette affaire. Une réquisition est demandée pour compléter l’enquête et confronter les deux parties, ainsi qu’une contre-expertise médicale.

24 octobre 2023 : La contre-expertise demandée par la légion de gendarmerie du centre est effectuée à l’hôpital central de Yaoundé. Le Dr Ange Miche Zoa, médecin légiste confirme que l’hymen de l’enfant a été détruit, corroborant ce qui avait été révélé par l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique. L’information est de ce fait donnée que le rapport de l’hôpital central sera envoyé à l’enquêteur le même soir.

25 octobre 2023 : Marie Madeleine Tsanga Adjongo, mère de la petite Ange, arrive à la légion de gendarmerie à 09h30, heure de la convocation, est reçue à 13h. Elle est entendue et sa déposition retranscrite sur procès-verbal en présence de Me Tombo et un assistant social de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes. L’enquêtrice dit n’avoir pas encore reçu les résultats de la contre-expertise médicale, un autre rendez-vous est donné.

30 octobre 2023 : Marie Madeleine Tsanga Adjongo et sa filles Ange se rendent à la légion de gendarmerie du centre à 8H30, heure du rendez-vous, elles sont reçues à 13h. L’enfant est entendue, mais son papa une fois de plus est absent. Sur le plan médical, les résultats des examens effectués au centre pasteur indiquent que la fillette de 8 ans souffre d’une infection sexuellement transmissible.

06 novembre 2023 : L’assistant social de l’ALVF qui s’occupe de l’affaire se rend à la légion de gendarmerie pour savoir pourquoi il n’y a plus de suite, il rencontre le lieutenant Yves Banga qui parait embarrassé. Rendez-vous est donné le mercredi 8 novembre 2023.

8 novembre 2023 : Rencontre entre la maman de la victime présumée, l’enquêtrice, l’ALVF et l’avocat. Il ressort de cet échange que le présumé violeur a été entendu le 7 novembre et que toutes les personnes citées dans l’affaire devraient l’être également. Il est par la suite annoncé que la contre-expertise médicale n’est pas encore arrivée au niveau de l’enquêtrice.

Nous suivons avec vous cette affaire de bout en bout, quel que soit le temps qu’elle prendra.

Clarence YONGO

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1 Comment

  1. A. K.

    C’est ignoble le comportement de certains être humains, détruire la vie d’une enfant et la faire souffrir comme ces bourreaux le font , mon Dieu si seulement…j’ai le cœur lourd en lisant cette histoire, pauvre petite.

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