Elle est décédée le 2 Avril 2018 à l’âge de 81 ans.
De son vrai nom, Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela, cette héroïne a porté pendant de longues années l’étendard de la lutte contre la ségrégation raciale. Elle s’est opposée à toute compromission avec les blancs pour y mettre fin.
Une militante impénitente, dont le souvenir reste intact, en raison de ses discours radicaux et de son charisme. On retient d’elle des phrases choc telles «Je ne suis pas désolée. Je ne serai jamais désolée. S’il fallait le refaire, je referai tout ce que j’ai fait. Tout.». Ou encore «Je suis le produit des masses de mon pays et le produit de mes ennemis.».

Elle est née à Bizana en 1939. Sa rencontre avec Nelson Mandela l’amène à se plonger dans le combat contre l’apartheid.
Surnommée «Mama Africa» par les enfants des bidonvilles, Winnie fut la deuxième épouse du président sud-africain. Une militante active dans la lutte contre l’apartheid, en particulier durant les années d’incarcération de son mari et des chefs de l’ANC, le Congrès National Africain. .
Elle avait maintes fois été arrêtée, détenue, assignée à résidence pour ses combats. Winnie avait été interpellée en 1969 et gardée pendant 491 jours en isolement et torturée avant d’être jugée et acquittée. En 1974, elle est de nouveau incarcérée pendant 6 mois pour avoir violé l’ordre d’interdiction qui l’empêchait de recevoir des visites, en dehors de ses enfants et son médecin.
Lors de la période de la transition entre 1990 et 1994, c’est au bras de son mari enfin libre, qu’elle gagne encore plus de légitimité, mais ne s’accorde pas avec ce dernier sur certaines questions. En l’occurrence, l’abandon de la nationalisation des piliers économiques du pays. Même si certaines sources démentent cette information et déclarent que Winnie Mandela disait ne pas reconnaitre l’homme qui était sorti de prison. Pour elle, il n’avait rien à voir avec celui qui y était entré.
Mariée en 1956 et divorcée en 1996, Winnie a marqué la vie de Mandela. Pendant les 27 années de son mari en prison, elle a entretenu la résistance, malgré les tortures, les humiliations et les séjours en prison.

Travailleuse sociale de formation, la femme que les sud-africains désignent « Winnie » s’était vite adaptée à la vie politique.
Morte le 2 avril 2018, dix jours de deuil national avaient été décrétés en souvenir de celle qu’on surnommait, « le roc », « la mère de la nation », « la libératrice ou encore l’héroïne ». Elle était décédée à la suite d’une longue maladie. Winnie Mandela a fait deux enfants dont Zindzi Mandela, décédée elle aussi à Johannesburg en juillet 2020 à l’âge de 59 ans.
Rachèle KANOU
