Depuis quelques semaines, les enfants investissent les marchés et les rues des quartiers de la ville de Douala, pour proposer leurs marchandises.
Ces enfants parmi lesquels, ceux de moins de 10 ans proposent aux passants, du maïs bouilli ou braisé, des arachides, de l’eau fraîche, des sucettes et autres petites marchandises. Les coûts de leurs produits pour la plupart prêts à grignoter, coûtent entre 25f et 100fcfa. A la fin de la journée, ils peuvent ramener une recette d’au plus 1000fcfa à leur parent.
Il est 15h et 30 minutes, lorsque nous rencontrons Ingrid, 7 ans, élève en classe du CE2. Dans son plat, elle a un épi de maïs braisé posé sur les feuilles de cahier. Nous sommes à Bépanda lieu-dit carrefour «Maala» situé dans le 5ème arrondissement de la ville de Douala. Un des quartiers populaires de cette ville, réputé pour la précarité de ses habitants. Ingrid est vêtue d’une jupe semblable à l’uniforme de son école, avec un polo de longues manches et des babouches aux pieds. Sous un soleil brûlant, elle parcourt de longues distances pour vendre le maïs que sa maman a braisé.
« Maman qui m’a envoyée vendre. Elle braise au marché Maképé », nous dit Ingrid. Elle est à son 2ème tour de la journée et dans sa main, elle compte des pièces, c’est sa recette de la journée.
« J’ai vendu 550 f. Il me reste un maïs c’est quand je vais finir que je vais rentrer. » La fillette a l’air fatiguée, mais elle n’est pas prête à retourner voir sa maman avec le reste de la marchandise.

Des enfants- commerçants, exposés aux abus…
Certains marchent en petits groupes, accompagnés de leurs aînés pour éviter de se faire agresser.
« Nous ne sommes pas de la même famille. On vit au quartier ensemble. Lorsqu’on marche ensemble, on ne nous agresse pas », affirme Doriane. Âgée de 10 ans, elle porte sur la tête une cuvette de maïs bouilli. Cette gamine a à peine fini de composer le CEP, qu’elle est déjà dans la rue pour chercher l’argent, de ses fournitures de la rentrée scolaire prochaine.
« J’ai réussi le concours d’entrée en 6ème. Mon père ne travaille pas. Je vends pour aider ma mère à la rentrée scolaire », martèle Doriane.
Comme cette dernière, Sylviane dit être habituée. Elle a 11 ans et fait du petit commerce depuis l’âge de 7 ans. Les week-ends généralement, elle vendait de l’eau glacée. Aujourd’hui, elle préfère marcher avec les autres enfants car, elle avait été victime de vol.
« Un soir en rentrant, les gars m’ont agressée, ils ont pris tout ce que j’avais », nous dit-elle.
Notons que pendant les vacances, les enfants sont le plus souvent exposés aux abus de toutes sortes. Mais les parents ne s’empêchent de les envoyer dans les rues, d’ailleurs l’année dernière, malgré le coronavirus, leur activité a continué.
Rachèle KANOU
