Samia Suluhu Hassan, invite ses concitoyens à prendre des mesures de contrôle des naissances.
Cette invite adressée à la population fait suite au boom des naissances constaté dans un centre de santé de la région de Geita en Tanzanie.

La présidente tanzanienne fait savoir que dans le quartier de Buselesele, dans la région de Geita, un centre de santé accueille 1 000 enfants par mois. Un état des lieux inquiétant pour la toute première femme présidente en Tanzanie, qui dit se soucier de l’avenir de ces enfants dans un pays où 49% des populations vivent avec moins de 1500f par jour.
«Maintenant, combien de salle de classe seront nécessaires après trois ans ? Qu’en est-il des centres de santé ? combien en faudra-t-il pour desservir tous ces enfants ? Combien de tonnes de nourriture seront nécessaires ? Réduisons le taux de naissance et prenons des mesures de contrôle»,
a déclaré Samia Suluhu Hassan.
La banque mondiale attribue ce taux de natalité élevé aux mariages précoces et à la faible utilisation des contraceptifs. Selon ces chiffres, le taux de fécondité en Tanzanie est de 4,8 naissances par femme en 2020. Le pays compte une population d’environ 60 millions d’habitants, dont 49 % vit avec moins de 2 dollars soit 1345 francs CFA par jour.

Samia Suluhu Hassan contredit son prédécesseur
Cette sortie de la présidente de la Tanzanie au pourvoir depuis mars 2021 est contraire à celle de son prédécesseur John Magufuli.
En 2016, après le lancement de l’enseignement primaire et secondaire gratuit dans le pays, il a déclaré :
« Les femmes peuvent jeter leurs contraceptifs. L’éducation est désormais gratuite. »
En 2018, après un voyage en Europe et lors d’un rassemblement dans l’ouest de la Tanzanie, ce dernier exhortait les femmes à «abandonner les méthodes contraceptives» et qualifiait de «paresseuses» les personnes qui limitaient les naissances.
«Ils ne veulent pas travailler dur pour nourrir une grande famille. C’est pourquoi ils utilisent des moyens de contraception et n’ont qu’un ou deux enfants»,
avait-il lancé.
A cette époque, un couple tanzanien avait en moyenne cinq enfants. Un nombre insuffisant pour le président John Magufuli. La priorité pour lui était d’accroître la population estimant que le pays à des ressours nécessaires pour subvenir aux besoins des populations.
«Vous avez du bétail. Vous êtes de grands agriculteurs. Vous pouvez nourrir vos enfants. Pourquoi alors recourir au contrôle des naissances? C’est mon avis, je ne vois aucune raison de contrôler les naissances en Tanzanie»,
disait-il.
Sa peur était de faire face au déclin de la population qu’il a constaté sous d’autres cieux avec la limitation des naissances.
Rachèle KANOU
