Aucune femme ne figure parmi les 10 présidents des régions du Cameroun.
Une situation déplorable qui fait réagir hommes et femmes.
«Et dire qu’il y a au bas mot 53% de femmes dans ce beau pays !», s’exclame Me Claire Atangana Bikouna, avocate au barreau du Cameroun.
Une ignominie selon certains. «C’est le plus grand scandale de l’année 2020 ! Et les ODD d’ici 2030 que nous avons ratifié ! Pure misogynie ! Je suis outrée! », s’exclame Nourane Foster, députée de la nation sur sa page Facebook, ce 23 décembre. La jeune femme très active sur les questions liées à la jeunesse rassure qu’on ne peut pas construire un pays sans les femmes et les jeunes. «Les femmes ont fait leurs preuves dans les mairies, à l’Assemblée Nationale également, on se serait attendu à au moins une femme présidente de région. Mais hélas. Le combat s’annonce difficile. Tenons bon !», Soutient la députée 2.0.
Il s’agit d’un mépris à l’égard des femmes, qui restent loin de la sphère de prise de décision au Cameroun. «Régionales ou la valse des Gérontocrates et Misogynes qui plus est! A l’image du big boss», écrit la femme politique et ancienne présidente du parti politique Alliance des Forces Progressistes (AFP), Alice Sadio .

Pour le Professeur Viviane ONDOUA BIWOLE , c’est un vrai coup fatal pour les femmes camerounaises. «Quelle honte pour les femmes camerounaises, quelle sentence ! Un « Coronapolitique » fatal pour les femmes», déplore l’enseignante de l’université de Yaoundé 2 au Cameroun.
En dehors de ces femmes qui dénoncent cette exclusion de la gent féminine et même des jeunes à la tête des régions, on note également la réaction des hommes. « Aucune femme présidente et ni aucun jeune de moins de 50 ans. Le fer de lance de la nation va se rouiller à force d’attendre. Demain peut-être ça finira par arriver», dénonce avec sarcasme l’avocat international, Emmanuel Pensy.

L’absence des femmes à la tête du conseil régional ne serait qu’une goûte d’eau qui déborde le vase. Rappelons qu’au Cameroun, en 1980 il y avait 5 femmes ministres pour 43 hommes soit 10,42% de femmes; en 2006, 6 femmes pour 55 hommes donc 9,74% de femmes, un effectif en baisse après 16 ans. En 2018 on a dénombré 7 femmes ministres sur 64 que compte le Cameroun soit 10,93% de femmes. En 2020 avec l’arrivée des maires des villes qui remplacent les délégués du gouvernement auprès des communautés urbaines, on a 14 super-maires avec 0% de femmes. Et voilà que sur les 10 régions du Cameroun on a zero femme Présidente et pour couronner le tout, zero femme gouverneur.
A noter que sur les 90 conseillers régionaux votés le 6 décembre dans la région du littoral, on compte juste 18 femmes élues déléguées des départements et zéro femme représentante du commandement traditionnel.
Cette situation des femmes au conseil régional, se trouve lamentablement en dessous du quota de 30% de représentativité féminine à tous les niveaux de prise de décision.
Rachèle KANOU
